C’est à l’abbé Augustin Désiré Lefelle, curé d’Ecourt de 1855 à 1870, que nous devons
la plupart de nos connaissances sur l’histoire d’Ecourt.
En effet, en 1861, Monseigneur Pierre Louis Parisis, évêque d’Arras, a demandé à
tous les curés de son diocèse de répondre à treize questions sur le passé de leur paroisse, tant au point de vue civil que religieux.
Cette initiative était judicieuse après les bouleversements dus à la période
révolutionnaire. Elle le deviendra d’autant plus qu’en 1915 une partie des archives
relatives à Ecourt, entreposées à Arras a brûlé pendant la bataille.
C’est ce texte, copié et recopié maintes et maintes fois, circulant de mains en
mains, et dont l’original se trouve aux archives diocésaines, qui nous servira de
trame.
Comme nous venons de le voir, la présence humaine sur le territoire de la commune
est très ancienne.
Néanmoins la première apparition écrite dans un texte ne date que de 1081, sous la
forme Ahilcurt qui signifie la « ferme près de l’eau ».
Le patronage de Saint Quentin, quant à lui, apparaîtra plus tard, au XVIème siècle.
Au VIIème siècle, Ecourt faisait partie du domaine appartenant à Adalbaud, comte
de Douai et à Sainte Rictrude, son épouse, aristocrate d’Aquitaine.
A la mort de son mari, en 646, elle légua la moitié de son domaine et de ses droits
seigneuriaux à l’abbaye de Marchiennes qu’Adalbaud venait de fonder. Saint Maurond,
leur fils, lèguera, quant à lui, vers 670, l’autre moitié à l’abbaye de Breuil qu’il venait
de fonder et dont le premier supérieur était Saint Amé.
Les moines de Breuil, fuyant l’invasion des Normands vers 870, se réfugièrent à Douai
et y fondèrent la collégiale de Saint Amé qui héritera des privilèges de l’abbaye de
Breuil.
Ecourt dépendra donc à la fois de l’abbaye de Marchiennes et du chapitre de Saint
Amé. Mais seul le chapitre de Saint Amé avait les droits honorifiques de clocher,
et lui seul percevait les dîmes appartenant à l’Eglise, par l’intermédiaire du bailli.
C’est le chapitre de Saint Amé qui fera reconstruire au XVIIème siècle le chœur de
l’église et le clocher.
Les relations entre les kiefmazuriers d’Ecourt et les chanoines se concrétisaient
deux fois l’an lors du « past ».
Les kiefmazuriers, au nombre de 25, avaient la tenure des terres qui appartenaient
au chapitre de Saint Amé, leur titre de vassalité était héréditaire, moyennant une
taxe. Le « past » était une grande cérémonie, dont le point d’orgue était un banquet,
auquel chacun était tenu de participer. Chaque tenancier s’occupait plus
particulièrement du chanoine dont il dépendait, en lui tenant les étriers, en
l’hébergeant, en le servant à table… Les dîmes dues au chapitre de Saint Amé vont
s’alourdir au fil des ans, à tel point qu’elles constitueront l’objet de neuf des trente
et une doléances figurant dans le cahier de doléances de 1789.
Le bourg d’Ecourt avait dès le XIIIème siècle un échevinage composé d’un mayeur
et de sept échevins. Les coutumes furent rédigées d’une manière définitive en 1507,
elles sont signées du curé, du bailli, du mayeur, des sept échevins et de huit des
principaux habitants d’Ecourt. Ce sont elles qui gèreront tous les aspects de la vie
quotidienne jusqu’à la Révolution.
Ecourt dépendait du seigneur d’Oisy, qui a été longtemps vassal de l’évêque de
Cambrai, puis a fait partie de l’Artois qui n’est définitivement devenu français qu’en
1640, conquis par Louis XIII.
Pendant la Révolution, par la loi de brumaire an II (1793), Ecourt deviendra
Ecourt-le-Long afin de gommer toute référence religieuse.
Le village, jusqu’au XVIIIème siècle avait une configuration toute différente de celle
que nous lui connaissons maintenant ; Ecourt n’avait alors pas cet aspect de village
rue que lui donne la rue Henri Barbusse puis la rue de Porkien. Ecourt se regroupait
autour de son église qui se dressait sur l’emplacement actuel de l’espace vert, aussi
appelé ancien cimetière, et s’étendait seulement jusqu’au calvaire, maintenant au
centre du village.
Plusieurs hameaux complétaient le panorama : le Porkien, séparé du village par un
terrain vague, le Faubourg, séparé du village par la Marnière, le Faubourg d’en Haut
groupé autour de la chapelle de Notre Dame des Affligés au croisement des actuelles
rues du Préhaut et Jean Jaurès.
Le plan cadastral de 1836 nous renseigne sur la présence de quatre moulins sur le
territoire d’Ecourt. Voici leur localisation selon nos points de repère actuels : route
de Lécluse, juste après le cimetière allemand ; rue du Préhaut, près de l’actuel
centre équestre ; entre la rue du Courtigeot et la rue Jean Jaurès, là où étaient les
Provisoires ; et derrière le Hurlevent, ce dernier moulin était partagé avec Saudemont.
Rappelons également que le château d’eau est construit au lieu-dit appelé Moulin
brûlé.
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