Au début du XXème siècle, Ecourt comptait 1859 habitants, soit un peu plus que
maintenant, mais sur une surface nettement moins étendue, pour mémoire, la nouvelle
cité n’existait pas, la rue de Palluel se limitait à trois maisons et la rue du Faubourg
était plus courte.
Les activités locales procuraient du travail à presque toute la population, même si
un grand nombre d’ouvriers agricoles était obligé de partir en Picardie pour faire les
campagnes de betteraves pour compléter leurs revenus.
Les champs se couvraient de cultures de blé, de betteraves qui étaient ensuite
transformées en sucre dans la fabrique de M. Godefroy, de lin qui était roui dans les
marais, puis teillé, filé et enfin tissé. L’extraction de la tourbe et les activités liées
aux marais occupaient de nombreuses personnes également. Des commerçants (les
grandes surfaces n’existaient pas) et des artisans (on ne jetait rien, on réparait tout)
complètent ce tableau. Sans oublier une cinquantaine de débits de boisson.
Ecourt ne fut pas épargné par les deux conflits mondiaux. Pendant quatre ans,
d’octobre 1914 à septembre 1918, il fut occupé par les troupes allemandes,
auxquelles il servit de lieu de repos, le front se situant à une vingtaine de kilomètres.
La mairie fut transformée en hôpital militaire, l’église, quant à elle, servit de dortoir
aux blessés. La population, après avoir été pillée et asservie, fut exilée en Belgique à
partir de 1916. Le 12 mars 1918 les Anglais bombardèrent le village avec des pièces
de gros calibre et l’endommagèrent sérieusement. Ecourt mettra une dizaine d’année
pour se relever et retrouver une vie normale. Par ailleurs, 67 jeunes Ecourtois sont
tombés pour la France dans les tranchées, leur absence se fera longtemps sentir.
De la fin mai 1940 au 1er septembre 1944, Ecourt connu quatre nouvelles longues
années d’occupation ponctuées par les restrictions et les difficultés de ravitaillement.
Ces tristes années sont marquées par des crashs d’avions qui hantent encore les
mémoires. La Libération se fit dans la douleur. Le matin du 1er septembre 1944, un
convoi de camions allemands, battant en retraite, stationne dans la Grand Rue ;
il fut pris à partie par l’aviation alliée qui l’attaqua avec des balles incendiaires.
Les camions prirent feu communiquant celui-ci à plusieurs maisons. Les Allemands
ayant riposté, les avions lâchèrent des bombes qui détruisirent de fond en comble
d’autres habitations, une victime est à déplorer. Les soldats allemands s’étant enfuis
dans les marais, les FFI d’Ecourt se lancèrent à leur poursuite ; mais face à
l’expérience des SS, l’enthousiasme des jeunes FFI ne pesa pas lourd.
Ce combat coûta la vie à Gilbert et Octave Garbez, tous deux âgés de 19 ans.
La vie reprit vaille que vaille son cours, le village connut à son tour dans les années
50 et 60 les avancées du progrès, le château d’eau mis en service en 1968 fit
disparaître les pompes à bras.
Les petits commerces fermèrent les uns après les autres ; les cafés aussi. La vie
économique se concentra de moins en moins sur le village : les activités agricoles
ayant besoin de moins de main d’œuvre grâce à la mécanisation, les ouvriers
partaient chaque matin travailler pour bon nombre d’entre eux dans les usines de
Corbehem, ou de Douai et même pour certains dans les mines.
La vie religieuse se fit moins intense, malgré le charisme de l’abbé Defonte.
Le village ne fut pas à l’abri des vicissitudes de la vie de la nation. Deux jeunes du
village, Philippe Varlet et Jacques Boyon, partis combattre en Algérie sont morts
là-bas.
Le 24 juin 1967, Ecourt connut une nouvelle catastrophe, une tornade dévasta une
partie du village, la rue du Faubourg et le haut de la rue du Préhaut furent
particulièrement touchés, deux victimes furent à déplorer.
Grâce à la présence des marais de la Sensée, le village se fit lieu touristique ;
deux campings furent créés, ils accueillent des estivants venant des zones urbaines
proches.
Ceux-ci sont attirés par la pêche, les promenades dans la nature et le calme.
La physionomie actuelle du village date des années 80, les dernières modifications
d’importance furent le déplacement de la mairie en 1984, la construction de la
nouvelle salle des fêtes et la démolition des bâtiments cachant le château, ainsi
que l’installation d’une supérette à la place de l’ancienne brasserie Leclercq.
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